Auto-évaluation dans le monde du travail, bon ou mauvais point ?

L’auto-évaluation est un concept de plus en plus présent au sein des entreprises. Elle est considérée comme un moyen pour le salarié d’estimer et d’évaluer ses compétences. Elle permet alors d’effectuer un travail sur soi-même où le collaborateur sera dans l’obligation d’analyser et d’accepter ses faiblesses afin d’évoluer et de porter un jugement sur le travail qu’il fournit. 

Cela a donc comme but de procéder à un examen critique et analytique de son travail, de la situation présente, et d’en tirer des conclusions qui permettront ainsi de prendre des décisions pour l’avenir et de se développer. 

 

Prenons l’exemple des entreprises de call center, l’auto-évaluation consiste s’évaluer soi-même lors d’une prestation sur un appel émis puis de le faire écouter à son manager. Néanmoins, ils reçoivent un nombre d’appel important dans la journée. L’évaluation peut facilement tomber sur un appel qui sera de bonne qualité même si certains autres ne sont pas forcément conformes aux règles en vigueur dans l’entreprise. Le fait de s’autoévaluer puis d’être évalué permet une certaine pertinence au niveau des résultats, en effet la comparaison des deux évaluations peuvent mener à des réflexions approfondies. 

 

Cependant cela reste un processus assez compliqué à mettre au point pour les entreprises. En effet, pour être pertinente, l’auto-évaluation nécessite la construction d’un référentiel commun et partagé de critère d’évaluation. De plus, il est nécessaire de lier ces critères à une échelle de mesure exploitable. Il apparaît immédiatement que les biais et différences entre chaque individu vont complexifier la lecture des résultats de cette auto-évaluation : différence de perception, focus sur des priorités propre à chacun…

Par ailleurs, l’hétérogénéité des résultats obtenus pénalise l’exploitation de l’auto-évaluation par les RH. En effet, lorsqu’un demande à un salarié de s’autoévaluer, les résultats obtenus seront parcellaires ce qui amènera à réaliser une collecte d’information pour le RH ce qui est très complexe, une question reste en suspens, comment exploiter efficacement les données récoltées ? 

 

De plus, si l’auto-évaluation permet d’identifier des faiblesses, il est difficile de mettre en place de soi-même des axes d’améliorations. En effet, le collaborateur doit réfléchir à plusieurs interrogations pour rechercher la cause du problème, quelle compétence doit être améliorer ? à quel niveau ? quelle action est pertinente ? Etc.

 

Enfin, l’auto-évaluation tend à être biaisée par les évaluations ou le système de rémunération. Un collaborateur dont la prime dépend de certains critères, va obérer la sous performance de ceux-ci lors du partage de son auto-évaluation.

 

L’auto-évaluation constitue un point constructif pour accompagner le développement de l’entreprise. Cependant, sa mise en oeuvre nécessite un effort important pour des retours qui peuvent apparaître comme limité.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Haut de page